Mamans Toutes Égales

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Réunion publique du collectif Mamans Toutes Égales

dans les locaux de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH)
le dimanche 26 juin 2011

Pourquoi avez-vous signé la pétition du collectif MTE parue dans Le Monde du 2 juin 2011[1] ?
Telle était la question posée aux personnalités signataires de cette pétition. Le texte de la pétition, rappelons le, s’oppose à la nouvelle campagne de stigmatisation et aux mesures discriminatoires à l’encontre des mamans portant le foulard à qui est refusé le droit d’exercer leur parentalité dans le cadre de l’école (refus d’accompagner les enfants en sorties, de participer aux activités, fêtes dans l’école notamment).

Ndella Paye, animatrice de cette rencontre, a repris l’historique du collectif MTE, le cadre sociopolitique dans lequel s’inscrit la démarche, rappelé qui sont les initiatrices et les initiateurs et quels sont les textes de référence produits par le collectif.

À la suite de l’assemblée générale de mars, les membres du Collectif des Féministes Pour l’Égalité (CFPE) ont décidé de réagir aux déclarations de Luc Chatel. La menace était jugée suffisamment importante pour lancer une mobilisation et travailler avec l’ensemble des forces qui étaient prêtes à mener cette lutte. La réponse à l’appel du CFPE a mobilisé des partenaires et donné naissance au collectif MTE, début avril.

Trois textes ont été produits par le collectif MTE :

  • l’acte de naissance,
  •  l’argumentaire sur la base de la loi de 1905,
  •  une pétition parue le 3 juin dans Le Monde.

Il faut garder en tête que le combat contre l’exclusion des mamans portant le foulard des sorties scolaires s’inscrit dans une guerre plus vaste contre l’islamophobie. L’appel à signatures de la pétition a une fois de plus révélé une ambivalence au sein des partis et organisations : à la fois un engagement immédiat et fort de nombre de militantes et militants et, dans le même temps, des débats vifs sur l’opportunité de cet engagement.

Aujourd’hui, la grande victoire du MTE est d’avoir permis aux mamans exclues des sorties scolaires de ne plus affronter seules l’exclusion dont elles sont victimes et de sortir de l’enclavement. En effet, ces mamans subissent souvent depuis 2004 les dommages collatéraux de la loi sur les signes religieux ostensibles à l’école ou « loi contre le voile » qui ne concerne pourtant que les élèves.

Déroulement de la rencontre :

  • Première partie :

- Les signataires de la pétition nous expliqueront pourquoi ils ont signé cette pétition.
- Ensuite, certaines mamans témoigneront de leur expérience avec l’institution scolaire.
- Enfin, différentes perspectives pour la rentrée seront exposées.

  • Seconde partie : débat avec la salle.

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Résumés des exposés des intervenants
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Jean Baubérot

historien et sociologue français, spécialiste de la sociologie des religions et fondateur de la sociologie de la laïcité, signataire de la pétition


  • En tant qu’universitaire spécialiste de la laïcité, Jean Baubérot rappelle ce qu’il appelle « un devoir d’analyse », et souligne que ce devoir d’analyse ne veut pas dire absence d’engagement.

En introduction de son exposé il évoque l’affaire Dreyfus, puis il élargit son propos et estime qu’un parallèle peut-être établi entre l’antisémitisme et l’islamophobie, il évoque d’ailleurs la nécessité d’engager une recherche comparative.

 Aujourd’hui, dit-il, on se réclame volontiers de la loi de 1905 mais c’est pour mieux tromper le monde, car selon Aristide Briand, le père de cette loi, le principal critère interprétatif de la loi est l’article premier, garantie de la liberté de conscience et du libre exercice des cultes.
ARTICLE PREMIER - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

 L’article 2, quant à lui, assure que « La République n’a plus de religion d’État. » :
ARTICLE 2 - La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites aux dits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.
Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l’article 3.

Or, quand il y a tension entre religion et liberté, la liberté doit primer. Enfin, et toujours selon A. Briand, la République ne reconnaît aucune tenue religieuse. L’accoutrement des uns et des autres ne regarde pas l’État. On voit donc que la neutralité de l’État ne signifie pas neutralisation de la société. Il suffit de faire référence aux visites de Jean-Paul II et de Benoit XVI en France, les rues parisiennes étaient loin d’être exemptes de tout signe religieux.

  • Jean Baubérot pose ensuite la question de la stratégie à adopter aujourd’hui face à cette offensive islamophobe.

La droite n’est pas unanime sur cette question qui est source de conflits et de désaccords en son sein : certains sont partisans de Luc Chatel alors que d’autres craignent que cette position ne soit trop liberticide. En s’appuyant sur ce conflit, il faudrait obtenir la remise en cause de la proposition de loi de Luc Chatel. C’est pourquoi il faut accepter tous les soutiens à cette lutte et ne pas prendre le risque d’en perdre en remettant en cause la loi de 2004 car beaucoup ne sont pas encore prêts à la remettre en cause. Ce virage ouvrira la possibilité de s’inscrire dans d’autres luttes.

Jean Baubérot conclut en soulignant que la couverture médiatique du soulèvement des peuples arabes a montré à l’opinion publique des femmes voilées manifester et lutter pour la liberté et la démocratie.

Ce sont donc des valeurs communes partagées ici et là-bas ; et le combat pour la liberté n’est pas divisible !

Enfin, Jean Baubérot précise qu’il peut aider le collectif à comparer les mécanismes de l’affaire Dreyfus et de l’« affaire du foulard ».

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Anissa Fathi

mère d’enfants scolarisés à l’école Paul Lafargue de Montreuil (93)


« Notre combat ne date pas d’aujourd’hui, cela fait maintenant plus de trois ans que nous sommes confrontées à des pratiques discriminatoires à l’école primaire Paul Lafargue alors qu’à l’école maternelle nous n’avons pas ce problème-là.

Au début nous avons appelé à la discussion, à la médiation pour ne blesser ni les parents, ni les professeurs. En dépit de toutes ces tentatives de compromis et des rendez-vous pris avec l’inspectrice de l’éducation, on est restées exclues et considérées comme « hors-la-loi ». Une des premières conséquences de cette mise au ban est que ce sont bien les enfants qui se sentent stigmatisés. Les mamans quant à elles ne peuvent qu’être blessées dans leur rôle de parents.

Nous étions un groupe de mamans concernées, nous nous sommes réunies et avons déposé plainte auprès de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité. La HALDE a pris position contre cette exclusion en la qualifiant d’illégale et de discriminatoire portant atteinte à l’égalité.

Nous nous sommes donc organisées pour boycotter les sorties scolaires mais nous nous arrangions pour que nos enfants fassent les sorties en même temps que leur classe et ceci avec nos propres moyens financiers et de locomotion. En réaction, des enseignants ont décidé de ne plus communiquer les dates et lieux de sorties jusqu’à la dernière heure pour éviter que nous nous organisions.

On a donc entamé un véritable « jeu de cache-cache » avec eux.

Le collectif MTE nous a effectivement permis de sortir de la clandestinité. Le 2 mai nous avons pu, dans le cadre du collectif MTE, organiser une manifestation à Montreuil, dont le parcours a jalonné toutes les écoles du quartier que fréquentent les enfants des mamans discriminées. La manifestation s’est clôturée à l’inspection académique.

Le lendemain, une maman s’est vue refuser une sortie en maternelle. En insistant auprès de l’enseignante pour en connaître les raisons, celle-ci l’a renvoyée vers la directrice. Cette dernière n’a rien voulu entendre. Après une bonne matinée de larmes, la maman est retournée avec d’autres voir les enseignantes, celles-ci ont manifesté leur accord avec les mamans, seule la directrice est restée campée sur sa position. Et c’est sous la menace d’un tapage médiatique qu’elle a cédé.

Par la suite nous avons appris que l’inspectrice, Mme Henriot, avait fait passer un message à l’ensemble des directeurs d’établissement leur demandant de refuser les mamans voilées lors des sorties scolaires. Pour l’année prochaine, nous avons décidé de nous inscrire à la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) et de nous présenter en tant que parents délégués pour voter le règlement intérieur de l’école.

Sinon, l’année dernière, nous avions décidé de boycotter les kermesses des écoles. Car si nous sommes interdites de sorties scolaires avec nos enfants, nous sommes au contraire les bienvenues aux kermesses avec nos pâtisseries et pour tenir les stands. Donc, l’année dernière, ils n’ont eu personne et cette année, le directeur et l’équipe enseignante ont tout simplement annulé les kermesses en disant que c’était à cause des mamans voilées ! ».

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Houria Bouteldja

militante politique franco-algérienne et porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), signataire de la pétition et membre fondatrice du collectif MTE


Au sein du PIR, la question de l’islamophobie est centrale ; dans la conjoncture politique actuelle (période de campagne électorale), les questions des quartiers et de l’immigration seront incontournables.

Le MTE doit prendre position dans le paysage politique, faire connaître son existence, ses positions et faire entendre sa parole. Il faut donc organiser sa présence dans les débats publics.

1 - L’humiliation
Je suis une jeune femme de presque 40 ans ; je n’ai pas oublié les humiliations de mon enfance et elles participent forcément à mes prises de positions, à mes opinions politiques et sociales. Les humiliations subies (par les mamans et surtout par les enfants), ces exclusions, vont ressortir un jour ou l’autre dans notre société.

2 - Silence des organisations de gauche
Je suis effarée du silence des organisations de gauche face à un tel constat. La timidité de leurs discours et leurs positions sont scandaleuses.

3 - Sur la notion d’identité nationale
Va-t-on accepter que l’État définisse ce que c’est qu’être un Français ? Ce qu’il faut manger, boire, porter et penser pour être considéré comme français !

Une identité nationale ne se décrète pas, elle émerge des différentes composantes de la société. Les musulmans doivent participer à la formation de cette identité et faire qu’on accepte qu’en France il y ait différentes langues, différentes religions et cultures.

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Ndella Paye

Ndella est membre du CFPE et membre fondatrice du collectif MTE, elle témoigne de la situation de l’école de ses enfants. Que ce soit à la mairie ou dans les écoles de ses enfants, elle a toujours eu un bon accueil et au contraire ce sont les enseignants et la directrice qui la sollicitent.

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Jocelyne

Jocelyne expose les raisons pour lesquelles l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) dont elle est membre a signé la pétition.

L’UJFP est engagée dans un combat pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.

« L’importance que nous donnons au vivre ensemble nous engage aussi dans les luttes auprès des sans-papiers, des mamans discriminées. Nous luttons contre ces lois délétères ; et cette politique du bouc émissaire nous rappelle des périodes plus sombres de l’histoire de France.
L’État favorise un climat qui met à mal le vivre ensemble. Et encore une fois ce sont les femmes qui sont victimes, comme si les femmes avec le foulard avaient besoin d’un homme, Luc Chatel, pour les défendre.

Et enfin, l’islamophobie est un racisme au même titre que l’antisémitisme. »

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Patrick Braouezec

actuel député de Seine Saint-Denis et signataire de la pétition


« Tout d’abord il faut savoir que j’ai été instit’ pendant plus de vingt ans et, pendant toutes ces années, je n’ai jamais regardé les vêtements ou les papiers des femmes et des hommes qui nous accompagnaient lors des sorties scolaires. Ce qui était important à mes yeux, c’était l’attention qu’ils prêtaient à l’ensemble des enfants.

En France, il existe un racisme latent et récurrent, comme si on avait besoin à chaque fois de chercher un bouc émissaire : les protestants, les juifs, les roms et les musulmans depuis le 11 septembre 2001, l’ennemi que l’on a déclaré pour remplacer le bloc communiste à la chute de l’URSS.

Il faut cesser les confusions, à la suite du vote contre la loi interdisant le niqab / la burqa, une grande confusion s’est établie entre tous les ports de voile.
Comme il a été déjà dit au cours de cette rencontre, ce n’est pas un hasard si ce sont encore les femmes qui sont visées au travers des circulaires anti-islam, anti-laïques, anti-femmes.

La laïcité, c’est être ce que l’on est, c’est s’assumer tel que l’on est sans prosélytisme.
Je suis fier d’avoir signé cette pétition. »

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Hafida Ouhami

maman, habitante de Montreuil (93), non victime d’exclusion mais solidaire des mamans dans leur action


« Je vais revenir sur la manifestation du 2 mai contre l’exclusion des mamans des sorties scolaires et je confirme ce que disait Anissa : il y a exclusion des sorties mais absolument pas des autres activités telles que les kermesses ou fêtes occasionnelles.

Au sein du MTE, nous avons trouvé un cadre encourageant et surtout un espace qui confirmait que nous n’étions pas hors-la-loi, contrairement à ce que nous rabâchent sans cesse certains enseignants et la directrice. Avec la manifestation du 2 Mai, qui a été fortement médiatisée, on a eu l’impression de sortir de la clandestinité. À l’occasion de cette manifestation, une délégation du MTE comprenant des mamans a été reçue à la mairie de Montreuil.

La délégation est ressortie avec un communiqué du cabinet de la maire, Dominique Voynet. Ce communiqué soutenait les mamans et qualifiait bien de discriminatoire leur exclusion des sorties scolaires. Les échos de la presse ont été très positifs. Cela a permis aussi à certains parents de découvrir les discriminations subies par les mamans portant un foulard.

Par contre, il y a eu aussi des retours très violents. Nous avons été prises à partie par certaines personnes pour qui l’islam était la source de tous les problèmes. Certaines structures de l’Éducation nationale se sont braquées. Elles ont affiché à l’entrée de l’école un communiqué pour réitérer la position de l’école traitant de « hors-la-loi » toutes les personnes qui avaient participé à la manifestation.

Avec l’ensemble des mamans, nos objectifs pour l’année prochaine sont de réaliser une action nationale pour permettre de désenclaver les mamans discriminées sur tout le territoire. Il faut aussi que nous continuions à lutter pour qu’on arrête de faire souffrir nos enfants ! J’en appelle donc à la mobilisation avant les présidentielles. »

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Pierre Tévanian

professeur de philosophie, membre initiateur du collectif MTE 


♦ Pourquoi avoir signé la pétition MTE ?

Il existe une continuité politique depuis la loi du 15 mars 2004, avec la loi anti-niqab[2], l’exclusion des mamans portant le foulard à l’école et à présent le projet Luc Chatel. Cette logique est anti-laïque, raciste et sexiste. Parfois, on m’interroge sur les motifs de mon engagement alors que je ne suis ni musulman ni parent d’élève ni enseignant dans le primaire. À ce type de question, je réponds : « C’est à ceux qui ne s’engagent pas de se justifier ! »

Christine Delphy a souligné la distinction entre les règles officielles et les règles réelles. Les règles officielles se réfèrent au credo républicain à savoir « liberté, égalité, fraternité ». Il n’est pas rare que les règles réelles les contredisent comme cela est le cas lorsque les mamans portant le foulard sont exclues. Par conséquent, c’est à ceux qui se prétendent républicains, antisexistes et antiracistes de se justifier !


♦ Pourquoi est-on tous concernés ?

L’argument suivant : « Il faut se mobiliser car on s’en prend d’abord aux musulmans mais après ça sera notre tour » me paraît problématique. S’engager pour la cause de l’autre n’implique pas forcément de partager avec lui les mêmes intérêts directs. Il me paraît nécessaire d’assumer qu’il n’y a pas d’égalité de traitement, que lorsque l’on n’est pas l’autre, il y a des torts qu’il subit que l’on ne subit pas. En d’autres termes : « certains morflent plus que d’autres ». Tant pis donc, si on qualifie cet engagement d’engagement moral, de « belle âme » : c’est bien avant tout avec d’autres que moi que je me solidarise, sans que mon intérêt propre soit en cause au même degré que le leur.

Cela dit, en tant qu’enseignant, je reconnais que je subis un tort du fait de ces mesures liberticides et racistes. Tisser une relation de confiance avec mes élèves souvent issus des classes populaires et de l’immigration non blanche et postcoloniale devient une gageure. Ils ont toutes les raisons d’être méfiants face à la politique menée par le gouvernement actuel et ces offensives contre « le voile » viennent envenimer encore plus le climat. Je refuse donc que cela soit perpétré en mon nom car ne dire mot c’est consentir. Les mesures discriminatoires à l’encontre des mamans portant le foulard sont source d’humiliation comme ce fut le cas pour les élèves en 2004 quand elles se sont vues sommer de le retirer.
Le tort qu’elles subissent est toutefois, je le répète, sans commune mesure avec celui que je subis. Il est à rattacher à un véritable dévoiement de la laïcité et, plus précisément, de ce qu’elle est censée être : un dispositif permettant à tous, croyants comme incroyants, musulmans, chrétiens, juifs, athées ou agnostiques de disposer de la liberté de conscience dans l’égalité de traitement.

Pour finir, j’exprimerai un point de désaccord avec Patrick Braouezec. Il me semble que c’est déjà trop concéder à la propagande islamophobe que de préciser qu’on soutient les femmes portant le foulard du moment qu’elles le portent sans prosélytisme, car cela revient à céder à une certaine propagande visant à restreindre la liberté d’expression. Lorsque l’on s’exprime, on cherche généralement à convaincre les autres, donc on fait du prosélytisme et il n’y a rien de honteux à cela. La laïcité inclut donc le droit au prosélytisme, à condition que cela soit entre personnes consentantes, comme pour les relations sexuelles. Le prosélytisme, qu’il soit religieux, irréligieux, antireligieux ou politique, est parfaitement légitime, et même souhaitable, du moment qu’il respecte les principes de liberté et d’égalité, autrement dit qu’il respecte le consentement de l’autre (on ne le force pas à discuter de ce dont il ne veut pas discuter) et que l’interaction soit égalitaire (le prosélyte ne doit pas entretenir une relation d’autorité vis-à-vis de son interlocuteur, par exemple un professeur ne doit pas faire du prosélytisme en direction de ses élèves).

Patrick Braouezec répond à cette critique en précisant qu’il évoquait le prosélytisme dans l’enceinte scolaire. Il n’en a personnellement jamais fait à l’école pour convaincre des camarades de s’affilier au parti communiste.

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Ndella nous fait part d’un message de Dounia Bouzar qui s’excuse pour son absence et affirme son engagement à nos côtés, au sein du MTE. Elle a créé un cabinet de culte et de culture et dit qu’elle peut nous aider à l’échelon européen.

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Monique Crinon

membre fondatrice du CEPT (Collectif une École pour Tout-e-s), du CFPE et du collectif MTE


« J’ai été militante au MLAC[3] et au MLF[4], deux mouvements luttant pour l’émancipation des femmes au cours des années 70. Le terme de « sœur » était utilisé pour marquer notre volonté de fortifier les liens de sororité et je suis toujours très émue lorsque Ndella nous appelle ses grandes sœurs.

En 2004, lorsque le projet de loi sur l’interdiction des signes religieux à l’école (en fait l’interdiction du port du foulard par les élèves) a été connu, j’ai été confrontée à ce que j’appellerai un conflit de loyauté. Dans le cadre du MLF, nous nous sommes battues pour la libération des femmes, pour l’acquisition du droit à la connaissance, au travail à salaire égal à celui des hommes, au choix d’avoir ou non des enfants et à la liberté de disposer de son corps. Nous nous sommes alors employées à libérer nos cheveux, nos seins, nos corps afin de vivre sans entrave et sans dépendre du regard des hommes.

Puis, j’ai rencontré des femmes cachant leur corps, portant un foulard sur les cheveux, alors que nous nous étions évertuées à dévoiler, libérer nos corps, ce fut un choc et il est vrai que je me suis trouvée écartelée : d’un côté la défense du droit des femmes à porter le foulard au nom de principes religieux et par libre choix me paraissait juste, et j’étais profondément révoltée par l’interdiction faite aux élèves portant un foulard de bénéficier de l’enseignement public. Mais d’un autre côté je me sentais un peu traître à mon histoire et à nos combats.

C’est avec force que nous proclamions : « Notre corps nous appartient ! » et c’est à ce mot d’ordre qu’il faut rester fidèle en affirmant que chaque femme a le droit de vivre de la manière qu’elle souhaite. Il existe plusieurs façons d’être une femme au sein de l’espace public. Or, certaines féministes adoptent une posture de domination qui n’est pas sans relation avec l’histoire coloniale, elles s’érigent en donneuses de leçon en indiquant la voie de la libération aux autres, reproduisant ainsi la structure même de l’attitude coloniale : décider à la place de l’autre ce qui est bon pour lui et le « libérer » au besoin contre son gré !

Pour être exacte, dans l’analyse des réactions de beaucoup de féministes, il faut dire aussi que la crainte de perdre les acquis de ce mouvement est toujours vive, ceux-ci restent bien fragiles et la vue de femmes portant le foulard peut susciter un sentiment de menace rétrograde.

« Notre corps nous appartient » et il existe différentes façons de l’habiter. C’est ce qui est à l’origine de la création du CFPE. Ce collectif revendique le fait qu’il existe plusieurs façons d’être féministe. Il vit depuis 2004 et c’est vraiment un truc original puisque s’y côtoient des musulmanes, des non musulmanes, des athées, des agnostiques, des juives.

Notre cadre commun à toutes est de considérer - et dénoncer - que le patriarcat est un système de domination dont il faut se libérer, toutes les femmes le subissent, pas davantage les musulmanes que les athées, mais pas moins non plus, pas plus dans les quartiers populaires que dans les quartiers bourgeois. L’enquête ENVEFF[5] en témoigne. Cette conviction commune est le ferment de nos rencontres, nous en traitons chacune à partir de nos expériences, de nos convictions et de nos cultures pour dégager ce qui pourrait être une sorte de référentiel féministe commun qui ouvre des perspectives sans chercher à promouvoir une seule façon d’être femme.

Il devient impératif qu’entre femmes, nous tricotions ensemble des ponts afin de penser notre émancipation commune. »

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Lila Charef

membre du collectif MTE, responsable de la cellule juridique du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) qui lutte depuis 2007 


Le HCI (Haut Conseil à l’Intégration) est l’initiateur du projet de circulaire. En mars 2010, il a fait des recommandations dans ce sens au Premier ministre qui demeurent consultables sur son site[6]. Le Premier ministre estime que l’exclusion des mamans portant le foulard de l’école publique serait une expérience très douloureuse pour leurs enfants. Le HCI et notamment son président, Patrick Gaubert, ex-président de la LICRA[7], sont indifférents à cela.

Le projet de circulaire ne repose sur aucun support écrit. Le 2 mars 2011, Luc Chatel l’aurait évoqué. Ceci est erroné puisqu’il s’est contenté d’envoyer une unique lettre de soutien à la directrice de l’école Joséphine Baker, discriminante à l’encontre des mamans portant le foulard. Il cautionne de facto une discrimination en contredisant les lois de la République. Ceci contribue à réduire nos libertés, notamment religieuses, alors même que la France a ratifié une série de conventions internationales les garantissant.

L’exclusion des mamans portant un foulard de l’école publique constitue une discrimination multiple : pour appartenance religieuse, en raison du sexe et indirectement de l’appartenance ethnique. Il est nécessaire de la combattre avec force d’autant plus qu’elle est illégale.

Nous appelons toute personne victime de discrimination à saisir le MTE. Il est important d’en témoigner afin de faire la recension des cas de discrimination et évaluer l’ampleur des dégâts causés par les propos tenus par Luc Chatel !

À la deuxième quinzaine de septembre aura lieu la signature des règlements intérieurs des écoles publiques. Il est illégal qu’y figurent des mesures d’exclusion. Il est crucial d’y porter attention et la vigilance est de rigueur pour qu’aucun dispositif d’exclusion n’y soit avalisé. Vous y êtes opposables, donc si cela se produit, ne le signez pas !

Les enseignants ne disent jamais explicitement que l’exclusion est motivée par le port du foulard. Il s’agit donc de se présenter à plusieurs reprises pour prouver le motif de l’exclusion. Vous pouvez vous proposer en tant qu’accompagnatrice, sans restriction. N’hésitez pas à tenir un registre ! Il est important de se faire notifier par écrit les refus d’accompagnement.

Lila Charef énumère les recours possibles pour les mamans exclues suite à l’exposé du cas de Montreuil. La HALDE a été saisie le 14 mai 2007. La procédure a duré 3-4 ans ce qui est excessivement long. Suite à une délibération elle a pris position contre l’exclusion des mères voilées, qualifiant cette mesure d’illégale et portant atteinte à l’égalité. Le CCIF l’a saisie à plusieurs reprises sur la base de cette délibération. Le délai de la procédure n’excède pas 1 à 2 an(s).

Il existe une procédure d’urgence auprès du tribunal administratif qui est un recours en référé. Il est nécessaire de justifier l’urgence de la situation et d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

Récapitulatif de vos droits :

  •  saisir la HALDE,
  • recours en référé auprès du tribunal administratif,
  •  signature du règlement intérieur mi-septembre,
  •  se faire notifier par écrit les refus d’accompagnement de sortie scolaire.

Il existe une fiche pratique des procédures à intenter sur le site du CCIF. Elle existe depuis longtemps dans la rubrique « Vos droits »[8].

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Catherine Samary


« Je m’exprime à titre personnel. Mais je suis membre du NPA, du CEPT, du CFPE et du collectif MTE…avec une seule identité.

Je ne veux pas répéter ce que je partage des interventions précédentes, et donc ajouter seulement quelque chose sous l’angle du NPA (les deux porte-paroles du NPA signataires de la pétition n’ont pas pu être présents aujourd’hui, de même qu’Olivier Besancenot, en route pour Gaza).

On a parlé de divisions dans la droite sur l’islamophobie. Malheureusement, depuis le 11 septembre, les divisions ont été aussi importantes au sein de la gauche et de la gauche radicale comme le NPA. (Monique parlait de douloureux enjeux de loyauté que nous avons vécus en exprimant publiquement nos désaccords.) Mais il n’y a pas eu cette division sur la pétition MTE que le NPA a signé en tant que tel : ce que dénonce le MTE rejoint tous les exemples de grand écart entre les principes républicains (de droit égalitaire) et la réalité. Nous vivons dans une République postcoloniale, inégalitaire, raciste ; l’écart des droits au plan social est considérable aussi : il n’y a aucun ouvrier au Parlement.

Comme Jocelyne, je suis membre de l’UJFP et je partage l’analogie qu’elle a soulignée entre la stigmatisation des juifs dans une autre période et celle des musulmans et des musulmanes aujourd’hui. La crise mondiale, sociale, n’est pas étrangère à cette situation. Les femmes sont les premières victimes. Comme dans une période analogue, le besoin d’un bouc émissaire se manifeste afin de diviser pour mieux régner.

Il y a pour moi un véritable enjeu de fraternité et de camaraderie dans toutes ces causes, car si l’on veut rendre crédibles les relations humaines pour lesquelles on se bat, il faut commencer par les réaliser au sein des organisations et associations où l’on milite : c’est pourquoi il y a une cohérence entre les orientations que je défends avec le NPA, l’exigence « Mamans Toutes Égales » et les sentiments de fraternité / sororité que l’on voudrait partager dans le MTE, comme dans le CFPE. »

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Michelle

membre du collectif MTE - Quelles perspectives pour le collectif MTE ?


En avril, une résolution sur la laïcité a été votée par l’UMP. Trois dispositions votées remettent en cause la laïcité telle que l’institue la loi de 1905 et visent les musulmans :

  •  extension des exigences de neutralité aux collaborateurs occasionnels du service public,
  •  extension de ce devoir à l’ensemble des entreprises privées, avec en conséquence un barrage à l’accès au travail des femmes portant le foulard,
  •  interdiction pour les usagers du service public de refuser un médecin en raison de son sexe.

Ces trois dispositions visent les femmes de confession musulmane au premier chef.

Cette résolution n’a pas force de loi. Pour l’instant. La gauche ne l’a pas votée pour des raisons ambivalentes. Aujourd’hui, à même pas un an de la présidentielle, il faut obliger les partis de gauche à se prononcer sur ces projets islamophobes. Nous les rencontrerons et rendrons publiques leurs positions. Car les musulmans votent aussi !

Les attaques meurtrières de l’UMP ne s’arrêteront pas au vote de la résolution, notamment au vu des échéances électorales de 2012. Même si la majorité semble divisée (Fillon remet en cause la proposition de Luc Chatel, par tactique, par sursaut de conscience chrétienne à l’égard d’enfants ?), il ne faut pas s’illusionner et être vigilants.

Le MTE prévoit de mettre en place:

  •  des comités locaux,
  •  une initiative nationale rassemblant les intellectuels, les organisations, les syndicats qui nous soutiennent. Le projet Luc Chatel est islamophobe. Il est urgent de créer un rapport de force.
  •  l’interpellation des partis politiques de la gauche française afin qu’elle cesse de se taire !


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DÉBAT
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Houda

Je suis maman de trois enfants. Mon fils est dans une maternelle composée de deux groupes scolaires gérés par deux directrices différentes. Je ne rencontre personnellement aucun problème pour les accompagnements scolaires. Ce n’est pas le cas pour ma voisine qui est obligée de porter une casquette à ces occasions.

Je suis animatrice périscolaire. Je ne porte pas le foulard lorsque j’occupe cette fonction. J’ai voulu travailler également pendant les vacances scolaires et ai proposé ma candidature à cette fin. Une autre personne ne portant pas le foulard a été recrutée. Il semble que ma candidature ait été refusée parce que je porte le foulard dans la sphère privée.

J’ai toujours dû batailler pour porter le foulard, que cela soit auprès de mes parents, au lycée. Je suis une citoyenne française qui a décidé de porter le foulard par conviction.

Lila Charef répond au témoignage de Houda

Il n’existe aucune législation qui impose à une animatrice scolaire d’une mairie de devoir travailler sans foulard. Le recrutement doit s’effectuer sur la base de la disponibilité, des compétences, des critères de santé. Ce sont des appréciations objectives qui doivent justifier le choix. Deux législations ont limité la liberté religieuse parmi lesquelles figure la loi du 15 mars 2004 pour les élèves de l’enseignement public primaire et secondaire s’appliquant également aux agents publics. Quoi qu’il en soit, en cas de discrimination, il est crucial d’utiliser des écrits.

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Rachid Zrioui

J’ai grandi à Montreuil. Mon engagement politique remonte aux années 1973-1974. Il était de type révolutionnaire. Lorsque je suis devenu enseignant, j’ai accédé à la fonction de responsable d’une section locale d’un syndicat enseignant du 93 pendant huit années environ.

En 2004, mon engagement révolutionnaire s’est estompé dans le regard des autres et mon identité musulmane est apparue au grand jour par mon engagement dans le CEPT. Sans rentrer dans les détails, on peut dire que je n’étais plus le bienvenu dans mes fonctions de responsable syndical. Il en a été de même lorsque j’ai déplacé mon militantisme vers le champ des parents d’élèves et exprimé l’ambition de travailler et de m’impliquer sérieusement à la FCPE. Il est vrai aussi qu’à Montreuil, le contexte est particulier avec la présence de l’UFAL (Union des Familles Laïques) et le réseautage de M. Brard.
J’ai donc décidé de créer une association indépendante de parents d’élèves : les Amis de l’École Publique (AEP).

Mon conseil est le suivant : se présenter aux élections des parents d’élèves c’est bien, mais en tête de liste, c’est mieux. Il y a des rapports de force (politiques) divers et variés à la FCPE. Dans nos quartiers, il est temps d’amener des rapports de forces spécifiques à nos diversités pour que nos préoccupations ne soient pas diluées ou récupérées.

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Colin Falconer

Je suis membre du NPA et du collectif MTE. Je m’exprime à titre personnel.

Peu de personnes dans la société française sont favorables au projet de circulaire. Le pire ennemi est donc l’inaction. Sinon, le risque est que la loi passe.
Dans le collectif MTE, il y a des hommes, des femmes de toutes confessions et affiliations politiques ou non politisées.

Il est important de faire signer la pétition car le nombre de signataires reste trop faible.

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Jibril

Je suis membre du collectif pour la régularisation des sans-papiers.

Nous sommes nouveaux dans le collectif MTE. C’est notre première fois ici. Nous sommes très contents d’être parmi vous.
Au sein du mouvement des sans-papiers, il y a des femmes. Nous vous invitons tous à participer à la manifestation du 12 juillet.

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Soumia

Le témoignage de Houda est très touchant. Lorsque les mamans sont touchées, les enfants sont automatiquement humiliés. Houda n’a cessé d’être discriminée pour port de foulard en tant qu’élève, que maman, que femme voulant exercer une profession.

Il ne peut qu’y avoir des conséquences délétères de ces humiliations répétées. Il est impératif de pousser son entourage à se mobiliser dans ce soi-disant pays des droits de l’Homme.


[1] Intitulé : « Cessons la guerre contre les porteuses de foulard », paru dans la rubrique Point de vue : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/06/02/cessons-la-guerre-aux-porteuses-de-foulard_1531002_3232.html

[2] Entrée en vigueur le 11 avril 2011.

[3] Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception, fondé en 1973

[4] Mouvement de Libération des Femmes, non mixte, fondé en 1970

[5] Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France, réalisée en 2000, http://www.eurowrc.org/01.eurowrc/06.eurowrc_fr/france/13france_ewrc.htm (consulté le 28 juin 2011)

[6] http://www.hci.gouv.fr/article.php3?id_article=142 et http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/114000053/index.shtml (Recommandation n° 43, p. 152)

[7] Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme.

[8] Voir http://www.islamophobie.net/art_read.php?ai=18 (Consulté le 28 juin 2011)

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Le Collectif Mamans Toutes Égales soutient les mamans musulmanes, victimes de discriminations à l'école au mépris de la Loi de 1905 sur la laïcité.

Le nouveau code de la laïcité que s'apprêtent à voter les députés et sénateurs, de droite comme de gauche, met en danger des droits fondamentaux et crée un Droit particulier pour les Français musulmans.

Soyons solidaires, soyons conscients ....

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